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  • Historique des fouilles

    Le site des « Vaux-de-la-Celle » à Genainville (Val-d’Oise) a fait l’objet de fouilles à partir de 1935-1936 sous la direction de P. Orième, architecte. Il est le premier à s’intéresser activement au site et à identifier le théâtre comme tel.

    Etant donné le caractère prometteur des résultats obtenus, le terrain (5 ha) situé en zone agricole dans un site vallonné aux pentes boisées, a été acquis par l’état et classé au titre des monuments historiques le 09 août 1941.

    Deux nouvelles campagnes de fouilles eurent lieu en 1947 et 1948.

    A partir de 1960, des équipes d’archéologues amateurs ont largement entrepris le dégagement et l’étude du site dans le cadre d’opérations programmées, tout d’abord avec le Groupe Spéléologique et Archéologique du Camping Club de France puis avec le Groupe Archéologique Antique du Touring Club de France. Ces deux groupes se sont réunis ensuite dans le Centre de Recherches Archéologiques du Vexin Français. Les fouilles étant placées depuis 1968 sous la responsabilité de P.-H. Mitard.

    A partir de 1989, la Direction Régionale des Affaires Culturelles d’Ile-de-France-Service Régional d’Archéologie a programmé et directement assuré la direction des opérations de terrain nécessaires à une meilleure compréhension du site et à son aménagement.

    En 1991-1993, le nettoyage de la quasi totalité des parois du drain intercommunal, puis une extension de la fouille à l’ouest, ont très vite révélé des structures qui témoignent d’une occupation dense.

 

  • Présentation du site

    Vestiges préhistoriques et protohistoriques


    Le matériel découvert semble attester une fréquentation du site depuis la préhistoire (outillage lithique du paléolithique et du néolithique, matériel du chalcolithique et de la tène). Un cimetière protohistorique (5 ème siècle avant J/C.) a également été mis au jour à l’emplacement et aux abords de la voie dallée.

    Des analyses palynologiques ont révélé qu’avant l’époque gallo-romaine, le site était déboisé et correspondait à une prairie de bouquet d’arbres (noisetiers, aulnes, ou chênes, pins, tilleuls).
    Le site, installé sur le territoire de la cité des vliocasses, se trouve à proximité des cités aulerque et carnute. De ce fait, son développement découle peut-être d’une notoriété dépassant les limites de la cité.


    Le fanum ou temple gaulois

    Ses fondations en pierre ont été retrouvées sous le temple du 2 ème siècle. Ses dimensions sont évaluées à 5,80 m x 4,90 m.
    Les restes d’un mur peuvent être raisonnablement interprétés comme ceux de l’enceinte du fanum.
  • Le sanctuaire gallo-romain (2 ème – 3 ème siècle)

    Le site reçoit des aménagements nouveaux important : temple, habitats, théâtre…

    Le temple


    L’étude de la décoration du temple a permis de proposer une datation du 3 ème quart du 2 ème siècle. Des analyses archéo-magnétiques récentes des briques de chaînage du temple aboutissent en revanche à une datation plus tardive, vers 215 (+ ou – 15 ans).
    L’édifice présente un plan de type fanum, c’est à dire sensiblement carré (27,20 m x 27,50 m). Il a la particularité de posséder deux cellae (pièces) entourées d’une galerie de circulation. Il est flanqué au sud d’une série de trois basins et au nord d’un petit temple secondaire.
    On accédait au temple par une voie dallée de 35 mètres de longueur. Le tout était enclos dans une enceinte sacrée (le péribole) rectangulaire de 111 m x77 m environ dont le coté oriental était peut-être constitué d’un portique.
    La décoration sculptée du temple principal frappe par son abondance et sa qualité.
    Deux groupes statuaires de divinités féminines, d’une qualité exceptionnelle, ont été découverts dans un des bassins. Ces statues sont réalisées selon des canons et dans des positions qui les apparentes à des imitations pleinement recevables des types grecs les pus classiques.
    Le deuxième temple présentait également une décoration architecturale importante et soignée.
    Le fait que le temple principal comporte deux cellae implique sa consécration à deux divinités :
    - Mercure vraisemblablement pour la première, à en juger par plusieurs témoignages (statuettes et caducée de bronze, plaquette à inscription où l’on peut restituer le nom du dieu, statue de pierre de « l’enfant et la tortue »)

    - Pour la seconde peut-être Rosmeta, divinité gauloise qui lui était souvent associée.
    La fonction cultuelle semble doublée d’une fonction médicale. De nombreuses statuettes votives (l’une d’elles figure un personnage aux yeux bandés) et une plaquette de bronze représentant des yeux, soulignent les propriétés curatives des eaux du sanctuaires.
    En tour état de cause, les divinités attestées et les modèles architecturaux témoignent du mélange des cultures religieuses gauloise et romaine.
    Le collecteur

    Il traversait le site d’est en ouest au nord du théâtre, pour drainer les eaux en cas de fortes pluies.

    Les bâtiments secondaires à usage d’habitat

    Ces bâtiments n’ont pas fait l’objet d’une recherche systématique, priorité ayant été donnée aux travaux concernant les bâtiments principaux et aménagement de caractère général.
    Parmi eux, l’élément le plus intéressant est une construction de plan rectangulaire flanquée de deux ailes, connue sous le nom de « pavillon ». Ses murs étaient décorés de peintures. L’aile est constituait un balnéaire avec chauffage par hypocauste (c’est à dire par le dessous).
    Des sondages complémentaires, à l’occasion notamment de l’aménagement du drain communal, et des opérations préventives de diagnostic ont également révélé la présence d’un îlot urbain à l’ouest du sanctuaire et l’occupation de la partie est du vallon.
    La plus forte densité d’occupation va de la seconde moitié du 2 ème siècle jusqu’au début du 3 ème siècle et correspond à la phase d’apogée du sanctuaire.

    Les structures de production

    Les structures de production rencontrées jusqu’à présent ne témoignent que du travail de la pierre : carrière d’extraction du calcaire sur le flanc nord du vallon, structures associées à un outillage de tailleur de pierre au sud du théâtre, facture local de la sculpture architecturale des monuments…

    Les constructions privées faisant largement appel à des matériaux périssables, la production des carriers et les activités qui en découlent, semblent une industrie d’appoint étroitement liée à l’essor monumental consécutif à l’activité religieuse.
    L’isolement du site par rapport au réseau d’échanges inter-régional (la chaussée Jules César au nord est distante de 4,5 km) ne plaide guère en faveur d’une vocation commerciale importante.

    Les villae sur les plateaux au nord et au sud du vallon
    Elles sont distantes d’environ 1 km les une des autres.

    Les thermes publics

    Ils devaient selon la règle compléter cet ensemble, mais ils n’ont pas encore été retrouvés.

    L’édifice de spectacles

    Les fouilles menées à partir des années 60 ont porté sur les murs périphériques, tant à l’est qu’à l’ouest sans atteindre la région sommitale, et sur la région de la scène et de ses abords intérieurs et extérieures. S’y sont ajoutés des sondages réalisés sur la cavea et sur la limite de celle-ci avec l’orchestra.

    Un complément d’études a été mené en 1991 à partir de plusieurs tranchées radiales partant des structures les plus sommitale jusqu’à l’orchestre.
    L’étude de la décoration du théâtre permettait d’envisager une datation proche de celle du temple. Les analyses archéo-magnétiques récentes témoignent en faveur d’une date plus proche de 195 (+ ou – 15 ans).
    L’édifice est constitué d’une cavea (ensemble de gradins) de 115 m de diamètre en arc de cercle outrepassé. Il est adossé pour son tronçon axial au versant sud de la vallée des « Vaux-de-la-Celle ».
    Il a nécessité un apport important de matériaux pour la construction des deux bras du « fer à cheval » qui supportaient les gradins et dont la hauteur atteint actuellement une dizaine de mètres.
    Au total, treize gradins (ou fragments) ont été dégagés sur six rangs différents. Ils permettent de déterminer une pente de l’ordre de 27° et pour les rangs de gradins un gabarit moyen de 40 cm de haut pour 75 cm de profondeur.
    Sur la base de 3,1 spectateurs au m2 la capacité d’accueil de l’édifice est évaluée à près de 400 places.
    Les murs de ceinture présentent des aspects différents : celui situé à l’est est construit en petit appareil à arases de briques, le mur occidental a été bâti en grand appareil.
    Le mur oriental, qui comporte des structures alvéolaires, ouvertes ou non à l’origine vers l’extérieur et dont les murs radiaux jouaient sans doute le rôle de contreforts, a permis des la fin du 2 ème siècle des aménagements (ouverture de passages, cheminées, murs parasites) pour l’installation d’habitations de fortune.
    A la jonction cavea-orchestra, la stratigraphie révèle une tranchée qui correspondrait à un mur de podium dont la hauteur est estimée à 2,5-3 m.
    L’orchestra (espace semi-circulaire entre les gradins et le bâtiment de scène) a un diamètre d’environ 42 m. Elle est formée d’une couche de calcaire délité, fortement tassé, surmonté d’une couche sableuse : elle est jonchée de débris de tuiles.
    La façade nord du monument, de part et d’autre de la région de la scène, est formée par deux murs pleins en petit appareil à chaînage de briques. Au centre se trouvent deux murs parallèles, sans liaison entre eux, mais l’espace qu’ils délimitent est jonché de tuiles.
    En l’absence de vestiges avérés d’une scène, on serait tenté, compte tenu des autres particularités signalées (notamment le mur de podium), de voir dans ce monument un amphithéâtre, simplement incomplet quant à l’étendu de la cavea.
    Mais indépendamment du problème de la scène, qui trouvera peut-être sa solution grâce à de nouvelles recherches, pour adopter une telle interprétation, il serait bon de disposer de quelques indices plus spécifiques en faveur de spectacles propres à l’amphithéâtre (par exemple de carceres : cages où étaient gardés les animaux). Sur ce point également, des fouilles complémentaires amèneraient peut-être d’autre éléments d’appréciation.

    Réaménagement et abandon du site

    Au cours de la première moitié du 3 ème siècle, la montée des nappes phréatiques en fond de vallon devient problématique. L’occupation perdure moyennant l’aménagement de dispositif d’assainissement (terrasses, réseaux drainants…), jusqu’aux phases de démolition et de récupération du haut moyen âge (fin du 5 ème siècle).
    Apres l’abandon du site, les indices de mise en culture du fond de vallon, à l’ouest, peuvent suggérer un glissement vers une activité rurale.
  • Lexique

Cavea : ensemble de gradins d’un édifice de spectacle.
Cella : (pluriel : cellae) : pièce.
Fanum : temple de type gaulois à plan carré.
Hypocauste : dispositif de chauffage par le dessous.
Orchestra : espace entre les gradins et le bâtiment de scène.

Ce texte est extrait d’une brochure, propriété du Musée Archéologique du Val-d’Oise à Guiry-en-Vexin qui nous a aimablement autorisé à le diffuser.

Pour toutes informations complémentaires

MUSEE ARCHEOLOGIQUE DU VAL-D’OISE
GUIRY-EN-VEXIN
Place du château
TEL : 01.34.67.45.07
E-MAIL : musee.guiry@cg95.fr

Ouverture :
Tous les jours sauf le mardi, les 25 décembre et 1 er janvier
En semaine : de 09 h 00 à 12 h 00 et de 13 h 30 à 17 h 30
Les samedis, dimanches et jours fériés :
- De 13 h 30 à 18 h 30, du 15 octobre au 14 mars
- De 10 h 00 à 12 h 00 et de 14 h 00 à 19 h 00 du 15 mars au 14 octobre

MAIRIE DE GENAINVILLE
TEL : 01.34.67.05.22

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Mise à jour: Dimanche, 18 Janvier, 2015 18:35